Mémoire statistique de l’élection de Saint Maixent, dressé en 1698, par Samuel Levesque, licencié es-lois et complété par les rapports des receveurs des tailles, Antoine et Jean Garran, de 1728 à 1799, publié par Alfred Richard, Archiviste de la Vienne


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BRELOU ET SAINT-CARLAIS


La paroisse de Brelou est sous le patronnage de saint Pierre; l'église de Saint Carlais est ruinée et le service s'en fait en celle de Brelou, et contiennent les deux paroisses huit villages ou hameaux, sçavoir : ………….


Brelou est un prieuré-cure de l'ordre de Saint-Augustin qui a droit de fief et vaut deux mille livres, tenue par le sr Le Rou.


La cure de Saint Carlais est de trois cens livres de pension congrue, tenue par le sr Delalos, que luy paye le sr Chevalos, écuyer, sr de Boisragon.


Il y a aussy un vicaire nommé Crandsire, à gages de cent cinquante livres.


Il y a une chapelle en l'église de Brelou, appellée la stipendie des Baudons, de cinquante livres de revenu, tenue par le sr de la Chevalerie, de Poitiers.


Une aumônerie au village de la Villedieu, de cent livres, qui est à présent jointe à l'hôpital de la Vieille Aumônerie de Saint Maixent.


Il se recueille toute sorte d'espèce de bled en l'étendue des deux paroisses, et il y a quelques vins, peu de bois, assez de fourages, y ayant d'ailleurs une prairie où passe la rivière de la Sèvre, d'une longue étendue, et comme cette paroisse est au milieu du chemin entre Saint Maixent et Niort, on y débite aisément toutes les denrées et bleds, on y vend aussy quelques bestiaux.

Ces paroisses servent de logement ordinaire de quartier d'hyver pour les troupes.


Sur la rivière de la Sèvre il y a deux ponts, l'un sur le grand chemin comme on va à Niort, appellé Pont de Vaux, qui est à présent en mauvais état et qu'on est après rétablir, l'autre est le pont de la, Villedieu qui est en bon état.


Il y a quatre autres ponts, l'un appellé le Pairé, proche la Villedieu, où le courrier passe et qui pendant l'hyver est obligé de se détourner de près de quatre cens pas à cause du mauvais état du pont; le second, un petit pont à la Crèche, qui est sur le grand chemin de Niort, sur lequel les gens de cheval ne peuvent passer, même les gens de pied quand les eaux croissent; le troisième et quatrième est sur le ruisseau du Geure, l'un appellé Melet et l'autre Vilaine, tous deux de pierres , en mauvais état; celuy de Vilaine nécessaire pour être sur un grand chemin comme l'on va à Cherveux.



Le château de l'Isle est le plus considérable des fiefs, de quinze cens livres de rente, appartenant aux héritiers du sr Turpin, comte de Viés, dont la principale maison est à Targé, près Châtellerault.


Les fiefs de la Brangerie et Morigonerie, aux srs de Massougne, écuyers, srs de La Tour et Teillé, écuyer, sr des Châtelliers, de revenu de quarante livres.


Les fiefs de la seigneurie de Boisragon, l'Angogerie, les Francs, la Mothe, Chantecaille et la Chauvelière, de trois mille livres de rente, à Jean Chevalos, écuyer, sr de Boisragon, qui fait sa résidence à la Mothe Jarrie en Gastine.


Le fief de Gourville, de dix livres, au sr Mata Gourville, qui demeure à Chef-Boutonne.


Le fief de la Chauvelle, de vingt livres, aux héritiers de Jacques Roy, sr de la Bechée, de Saint Maixent.


Le fief du Couteau, de cent cinquante livres, à la demoiselle Neufchaise qui y fait sa résidence.


Le fief de Marsay, de trente livres, à la veuve du sr Casse major, sr de Saint-Palais, demeurant à la Villedieu du Pont de Vaux.


Monsieur le duc de Mazarin a un droit de péage à la Crèche sur le grand chemin comme on va de Saint Maixent à Niort, dont les droits sont d'un double par cheval ayant bât et un denier par bœuf ou cheval de charrette, qui vaut vingt livres par an.


Il est sorty du royaume quarante-cinq personnes, et il peut y avoir huit cens convertis, dont cent font leur devoir.

On compte quatre familles de gentilshommes, scavoir :…………..

Trois bourgeois

Trois sergents royaux

Quatre notaires subalternes

Un greffier des rolles des tailles; Deux chirurgiens

Un maître de poste.


Il y a aussi un garde étalon, dix meuniers, cinquante-cinq laboureurs, trente-sept artisans, quatre-vingt-six journaliers, soixante valets ou servantes, deux cens quarante-neuf feux, dont il y a diminution de dix-sept depuis vingt ans, trois cens cinquante hommes, douze cens âmes y compris femmes et petits enfans.


L'imposition de la taille est de deux mille huit cens livres, six collecteurs et deux sindics.

Document fourni paru M. Moreau (Internaute)


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De Saint-Carlais, il ne reste plus que le lavoir (qui ne tarit jamais) et une atmosphère qui tient au lieu et à une légende. Accès au lavoir en suivant les flêchages ou les circuits de randonnées "Boisragon"

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Mémoire statistique Chavagné

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