La Basse Crèche

plan



Origine de la Basse Crèche



Sous ce nom on entend la partie de la vallée d'Eclette qui pénètre dans le Bourg avant de rejoindre la Sèvre Niortaise.

Alors que la vallée est dite « sèche » dans sa partie supérieure jusqu'au viaduc, dans la Basse Crèche ce n'étaient que sources et terrains marécageux.

Viaduc avec inondation


En pénétrant dans le Bourg sur le flanc nord, elle côtoie le carrefour ancien dit « de la Croix, croche, creuche » puis Crèche, situé au lieu-dit Rocan. C'est le croisement de la vieille route de Poitiers à La Rochelle et du chemin venant de la Villedieu de Breloux et allant vers Fressines ou Tressauve.


carrefour "La Creuche" en 2005



cadastre 1830 - Basse Crèche


source dans jardin 5 avril 2006.Après la croix de Rocan, la vieille route descend le coteau et traverse l'ancien marécage généré par les nombreuses sources alimentant le ruisseau des Fontaines de la Crèche.

Au vu du cadastre de 1830, on peut aisément reconstituer l'évolution de ce vallon. Espace dégagé largement ouvert vers l'ouest et la vallée de la Sèvre, il est bordé par le plateau du bourg au nord et par la plaine au sud


Allée des Saules


Au nord, de nombreuses petites sources s'écoulaient jadis. De nos jours, une seule subsiste en permanence. Ces sources sont situées de part et d'autre de l'Allée des Saules.


fossé de la BorlièreAu sud subsiste un groupe de quatre sources permanentes et de nombreuses autres intermittentes. La principale source, Fontgeoire, fut pompée des années 1920 jusqu'à une période récente pour l'adduction d'eau de la Crèche. Un château d'eau, aujourd'hui démoli, surplombait la prairie du haut de la route de Pain Perdu, ancienne route vers Bougouin et Fressines. Les sources du flanc sud forment un ruisseau qui se jette dans la Sèvre Niortaise au Pairé, recevant au passage un ruisselet venant de la source nord.



La partie entre la vieille route (rue de la Basse Crèche) et le ruisseau, de l'autre côté de la nationale, était très marécageuse : même en été, l'eau est à moins de quarante centimètres de profondeur. Ce secteur qui, dans les années 1700, s'appelait « La Borlière » a été drainé par un jeu de fossés se jetant dans le ruisselet ou le ruisseau.


Dans ce vallon, la vue s'étendait largement vers le château de La Motte à la Villedieu et Breloux et, dans l'autre sens, vers La Chaisnée et Tressauve.




Basse Crèche - lavoir et reste moulin (à droite)

Vers le 15ème siècle, un logis fut construit au bord de la vieille route au franchissement du ruisseau des fontaines. Ce logis dépendait de la Seigneurie des Brangeries. L'installation était assez importante pour comprendre une moulin alimenté par une retenue. Le moulin et la retenue son toujours en place. C'était là le seul habitat connu, en dehors de la Villedieu, de ce qui deviendra au 19ème siècle le bourg de La Crèche.




Vers 1680, une seconde maison se construit sur la pente rocheuse côté nord, sise au 15 et 17 de l'allée des Saules. Elle surplombe tout le vallon et le marécage de la Borlière qui en dépendait. Elle était séparée de la vieille route par un grand espace en parc ou jardin.


Beausoleil


Vers 1700, une troisième maison se construit sur le même lieu, à une centaine de mètres de la précédente, entre le vallon et le chemin de la Villedieu à la croix. Son propriétaire, Jean Charles Tribier, notaire des châtellenies d'Aubigny et Fayes, lui donne le nom de « Beau Soleil de La Crèche ». Elle s'élève sur un jeu de terrasses. En 1730, à l'ouverture de la nouvelle route, la propriété est coupée en deux au raz de la façade de la maison. Les bâtiments toujours existants sont la boulangerie Morand et la cour de la boucherie Gilbert (2006). Les maisons de l'autre côté de la Nationale 11 sont construites sur les terrasses du jardin.




Il semble que le logis sur le ruisseau des Fontaines fut très tôt exploité en hôtellerie. Vers 1700, le maître aubergiste et meunier est René des Roches.

Vers 1710, le logis est acheté par Jacques Morisset. Dans un acte, le logis est dénommé « Hoste de la Fontaine de La Crèche ».



Voie Royale de Poste n° 11 – Nationale 11 – Avenue de Paris


C'est, en 1730, le début du grand chantier qui va bouleverser tout le paysage. Par décision du roi Louis XV, est créé une route stratégique reliant Poitiers a La Rochelle et Rochefort. Cette route, venant de St Maixent, traverse la vallée de la Sèvre à côté de l'ancien passage au Pont de Vau et, en ligne droite, franchira le plateau et le ruisseau des Fontaines pour recouvrir en partie la vieille route et s'en écarter à l'actuel carrefour de la rue des Verdillons.

ancienne route et tracé Voie Royale - plan 2005

ancienne route et tracé Voie Royale - cadastre 1830


Mur soutènement N11


Pour la construction de cette route seront ouvertes deux carrières. L'une allant de la maison de Beausoleil jusqu'à l'ancien chemin allant de Barilleau à Ste Néomaye (rue du Champ de Foire). L'autre part des hauteurs surplombant le logis des Fontaines pour aller jusqu'à l'actuelle rue de Mougon. Là seront prises les pierres pour le talus qui franchit la vallée sur les tènements de La Borlière et des Bassotières (actuel stade). Ce talus coupe un certain nombre de canaux et, pour avoir un passage perpendiculaire, le ruisseau des Fontaines est détourné vers le ruisselet avant de reprendre son cours de l'autre côté de la route. Est toutefois maintenu un large fossé qui évacuait l'eau des sources nord vers le ruisseau par l'intermédiaire d'un aqueduc aujourd'hui fermé, sous le talus de la route, près de la maison de Beau Soleil.


En 1740, le logis de la Fontaine était habité par un marchand fermier, René Devallée de la Brumandière, qui sera le grand-père d'une grande figure crèchoise, Madame Bonneau de Langevinerie, fondatrice de l'église Notre-Dame des Neiges de La Crèche. René Devallée meurt en 1744, nous trouvons alors que la propriété appartient à la famille Geay de La Fragnaye.


Le pont sur le ruisseau et la route nouvelle sont carrossables à l'été 1750, La Crèche actuelle va se construire. En 1753, Louis Chaigneau du Courtiou, maître de la Poste aux chevaux de la Villedieu, près de l'ancienne chamoiserie, achète la maison de la Capitainerie et, dans la cour de service, il installe une vaste hostellerie, le Chêne Vert, qui sera poste aux chevaux jusqu'au 20ème siècle.


Vers 1758, le logis des Fontaines est démoli avec ses dépendances, à l'exception du moulin, pour faire place à l'actuel logis (« maison Laleuf ») et à la ferme « Panou » qui sera agrandie et rénovée en 1912.


Le nouveau bourg se développant, on distinguera rapidement la Haute Crèche sur le plateau, du logis des Fontaines avec ses alentours qui deviennent la Basse Crèche.

Nationale 11 - cadastre 1830


Un ancien employé du Chène Vert, Pierre Bieron, et son épouse Marguerite Martin, achètent une partie de la carrière au-dessus du logis de la Basse Crèche et construit une maison d'Auberge à l'enseigne « Le Courrier de la Nation ». Nous sommes en 1783.


Vers 1830, sur le bord du talus de la nouvelle route, le long du fossé de drainage de l'ancienne Borlière, est construite une maison de boucherie dont les écuries étaient au sous-sol de la boutique et sortaient directement dans les prés bas. C'est la maison des 30 et 32 avenue de Paris. Après un incendie en 1862, l'ensemble sera partagé et une petite maison de mercerie, n° 34, sera construite.

Vers 1880, Pierre Garnier, charron de son état, construit la maison double et les dépendances du n°36. Le courant d'eau existe toujours mais il est maintenant interrompu, car une cour surélevée est alors aménagée à l'arrière des n° 30 et 32. Les deux parties de la maison étaient propriétés de deux menuisiers dont les ateliers étaient situés dans la cour.


Rocan - cadastre 1830Un peu avant 1830, en avant de la maison de l'Allée des Saules, dans le grand jardin, au long de l'ancienne route, est construit un vaste logis qui appartiendra plus tard à M. Lévrier, personnage influent de La Crèche.

Autour de la croix, des maisons sont apparues. Le nom de Roquant qui était employé dès la construction de la maison de l'Allée des Saules, va être couramment orthographié « Rocan ».




Le chemin de fer


Pendant ces années, un autre grand chantier intéresse le secteur. Un siècle après la route, c'est le chemin de fer qui va bouleverser le paysage. La voie ferrée reliant Poitiers à La Rochelle va passer au-dessus de la Basse Crèche !

Dans les années 1850 seront construites la gare et le viaduc qui enjambe la vallée d'Eclette.

Viaduc La Crèche

rue de la Gare début du 20ème siècle



La vieille route de Fressines (rue de Pain Perdu) est coupée tout comme le vieux chemin de La Villedieu vers Aiript et celui de La Villedieu vers Ste Néomaye.



Après 1870, à Rocan, est construit un bâtiment pour recevoir la Bibliothèque Populaire qui fonctionnera jusque vers 1950.

Bibliothèque Populaire



La Basse Crèche ne se développera que très peu jusqu'aux années 1950. Plusieurs pavillons seront construits sur l'allée des Saules puis sur l'ancienne route qui s'appelle désormais rue de la Basse Crèche.


                    1. Noailles – 2005/2006




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