Cette jeune fille a abandonné le costume paysan, pour adopter celui des femmes de la ville, aux environs de 1900.
Autour du cou et sur la poitrine, elle a son sautoir dont on aperçoit, juste au-dessous de la ceinture, le coulant qui permettait d'arranger la chaîne selon son goût, chaîne qui retenait la montre glissée dans la ceinture.
 Mais cette jeune fille a conservé sa coiffe de La Crèche, sa "piote". On distingue très bien la façon dont sont relevés ses cheveux, d'abord très bien lissés de chaque côté de la raie au milieu (appelée "grève"), puis relevés en un petit mouvement appelée "dupe" en notre patois local, et signifiant houppe. Les femmes lissaient leurs cheveux avec leur salive ou de l'eau sucrée.
Avant la Révolution, les femmes du peuple n'avaient pas le droit de porter de dentelles ni de broderies. Elles avaient de petits bonnets de toile dont le dessus étaient plat et le fond plissé à l'aiguille, presque fil par fil.
 Coiffe Crèchoise : la "piote" - cliquer pour agrandir
L'ancienne coiffe de la Crèche, appelée "bounet à grousses jhotes" (bonnet à grosses joues) avait un fond assez large et un peu ovale.

La richesse des coiffes atteignit son apogée vers 1880-1890.
Après 1900, les jeunes filles ont commencé à sortir "en cheveux", sans leur coiffe, et à porter le chapeau comme celles de la ville. Pour essayer de sauver le patrimoine que constituaient les superbes coiffes brodées à la main et dont les motifs étaient souvent des bleuets ou des marguerites, ou des feuillages, et d'autres fleurs stylisées, des concours de coiffes furent organisés, en particulier à La Crèche, aux environs de 1910. L'un de ces concours fut gagné par une femme de Tressauve. Mais tous ces efforts furent vains, et les filles des villages proches de Niort ont très vite adopté le chapeau, bien plus vite que celles habitant des hameaux plus éloignés, ce qui est très facile à voir sur les photos de mariage de l'époque.
Jusqu'à la dernière guerre, au marché de La Crèche, les vieilles femmes étaient encore nombreuses à porter la coiffe qu'elles n'ont jamais voulu quitter - en particulier
la mère Bobèche de Ruffigny . C'étaient souvent des coiffes de deuil, sans aucune broderie, et garnies d'un petit galon noir.

Mais, peu à peu, à la mort de ces femmes, inexorablement, les coiffes disparurent.


Texte Mme H. Nicolas (02/2001)

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