Foires et marchés d'autrefois


Transcription complète d'un texte d'avril 1981, signé "Le chercheur de Service". Cet auteur anonyme signale que  "les détails sur les foires de Bougouin nous viennent pour une très large part d'un manuscrit qu'a laissé M. R. Gilbert, un habitant de Fressines". 
L'époque évoquée en début de texte correspond vraisemblablement au 19 ème siècle.

Après cet article, différentes illustrations des foires et marchés Bougouin et La Crèche


  Si notre époque semble bouder les foires et marchés, il y eut pourtant, ces derniers siècles, en pays crèchois, une longue période de prospérité pour ces manifestations populaires.
  Les foires de
Bougouin nous viennent de très loin dans le temps. Elles avaient, semble-t-il, été instaurées par les seigneurs du lieu. D'ailleurs le champ de foire était situé sur un terrain dépendant du château. Il disparut, vendu en parcelles en 1892.
  La première foire de l'année était réputée pour l'importance des affaires traitées en vaches, moutons porcs et chèvres. Elle déplaçait la foule des grands jours et naturellement - si j'ose dire ! - l'intendance suivait ... A savoir, sous de grandes tentes multicolores, étaient installés des "restaurants" où l'on mangeait les côtes de porc et les anguilles grillées, où l'on buvait, mais aussi, où l'on parlait ... La jeunesse des environs y dansait au son des joyeux violons des ménétriers, "artistes" descendant en ligne directe des troubadours qui fréquentaient autrefois le château.

  Les autres foires de Bougouin étaient plus modestes sauf "la Foire aux Cerises"du lundi de Pentecôte. Là encore, grande foule avec la jeunesse des environs et les forains,venus en nombre les jours précédents, pour s'assurer les  meilleurs emplacements, ... les meilleurs "points de vente" dirions-nous aujourd'hui ! Bien sur les quatre auberges du village faisaient recette. Sur le champ de foire, les commerçants se regroupaient par corporation. Ainsi, les étalages des merciers adossés chaque année au grand mur du jardin du château. A cette foire, les valets et servantes désireux de se gager pour le service d'été, de la St Jean à la St Michel, se réunissaient, en quête d'un maître.

  Et les attractions nombreuses retenaient les villageois de tout âge et de toute condition. On pouvait y voir des lutteurs, des montreurs d'ours, des tireuses de cartes, des charlatans et aussi des marchands de complaintes, qui vivaient en quelque sorte du crime ... les grands délits de l'année étaient représentés en larges tableaux peints ou dessinés et servaient de thèmes à des chansons, évidemment vendues aux amateurs de sensations fortes ... Ces complaintes sont sans doute les ancêtres des films de violence du cinéma contemporain.

  Vers 1890, les foires de Bougouin eurent de moins en moins de succès ... On préférait La Crèche qui prenait le pas sur les communes voisines par son essor dans tous les domaines. Bien sur, en ce qui concerne l'affluence aux foires, La Crèche avait un atout majeur : sa gare SNCF !. Elle est devenue bien modeste, les temps changent !

  En fait, il y avait plusieurs décennies que le châtelain de Bougouin, fatigué par les exactions des fêtards, tentait de pousser un peu plus loin, ces foires devenues préjudiciables pour lui. Il était courant, le vin aidant, de "faire le mur" du parc pour casser des arbres et piétiner les parterres ...

  La première foire de La Crèche eut lieu vers 1820. Les commerçants se réunissaient d'abord au carrefour central qui est un peu le premier champ de foire. La circulation - oui, déjà ! - l'obligea à s'installer ailleurs...

  L'avenue de la Gare, telle que nous la voyons (1981), n'était pas percée et ne le fut que dans les années 1860. Mais on comprend bien pourquoi sa première partie, entre l'avenue de Paris et la rue des Diligences, est en si forte déclivité : elle "monte" en fait sur la falaise calcaire, à laquelle sont adossées les maisons du côté sud de la route nationale. Il y avait à cet emplacement un simple chemin muletier très abrupt qui rejoignait la vieille route d'Aiript (aujourd'hui la rue de Bourdet et son prolongement de l'autre côté de la voie ferrée).

  On construisit alors un grand hangar servant de marché couvert, à peu près à l'emplacement de l'actuelle maison de maître Guérin, notaire honoraire, et le terrain l'entourant était utilisé pour le commerce des animaux.

  Dans une troisième phase, notre champ de foire vint où il est ... Parking bien plus que champ de foire, d'ailleurs !... Quant au marché, il avait fait cavalier seul depuis longtemps et occupait un terrain incliné, près de l'église. Il était composé de huit petits pavillons formant une large allée qui s'ouvrait vers la vallée. Au début des années 1930, on rasait l'ensemble pour implanter nos halles actuelles.

  Il est question, sous le manteau, d'un projet de relance d'une grande foire à La Crèche ... Tant mieux !

  Avec un peu de chance, je pourrai peut-être compléter cette chronique dans un siècle !
                                                                               Le chercheur de Service - Avril 1981

1733, marché à Bougouin

Marché de La Crèche avant 1930

Humour à la foire

sommaire Industrie - sommaire Villages - sommaire général

 

 

 

Copie page d'un carnet de comptes daté de 1733 (prêt de Mme Nicolas - 2002)

extrait livre de comptes famille Nicolas (1733)

plus j'ai acheté à louis nicollas à la foire de bougouin de la cinq-michel dernière 1733     six moutons la somme de trente et une livre si sols
plus trois autre mouton - quatorze livres dix sols

sommaire Industrie - sommaire Villages - sommaire général - haut page

 

Cartes postales début 20 ème siècle - (prêt de Mme Nicolas - 2002)

marché La Crèche avant 1930

Notre Dame des Neiges et, en avant-plan les pavillons du marché

place du marché - 1922

Jour de marché à La Crèche avant 1930

sommaire Industrie - sommaire Villages - sommaire général - haut page

 

 

Humour à la foire - (prêt de Mme Nicolas - 2002)

A la Fouère aux cochons - 1910

Carte postale - 1910     En Poitou - A la fouère aux cochons

Le Marchand - Combien le cochon, ma brave femme ?
La Femme -
Quatre vingt francs, Mossieu !
Le Marchand -
C'est bien cher ...
La Femme -
En feriez-vous un pareil per le prix ?


carte de C. Lestin - 1909 ?

A la Fouère

- Vaux-tu supé un berlingot, Victouère ?
- Si ol est tout c'que tu m'fras supé, ol est pas grand chouse !!

- Veux tu sucer un berlingot, Victoire ?
- Si c'est tout ce que tu as à me faire sucer, ce n'est pas grand chose !!


sommaire Industrie
- sommaire Villages - sommaire général - haut page