Tourteau fromagé et vie rurale

Appétissant, dodu, sous sa robe de bure,
Le tourteau fromagé du beau pays mothais
A gagné les faveurs des exigeants gourmets,
Quoique peu vaniteux de sa sobre parure.

Sous son aspect bourru, il cache un vrai cœur d'or,
Et sa dégustation sauve son apparence.
Il est resté modeste, en ce vieux coin de France,
Fidèle à son terroir, au sauvage décor.

Marie-Claire Lambert - La Crèche
extrait de : "Le tourteau fromagé"
dans "Cuisine de Poitou et de Vendée"
de Jeanne Philippe-Levatois


De tous temps, dans mon village, j'ai vu pour les grandes fêtes, et uniquement pour ces occasions-là, faire des tourteaux fromagés. A l'époque (1ére moitié du 20ème siècle), les gâteaux étaient encore un luxe.
Mais il ne se passait pas une fête de Pâques ou de Pentecôte sans marquer la tradition.

D'abord, à Pâques, les chèvres venaient d'avoir leurs chevreaux, et le lait était frais. On ne faisait jamais de tourteaux en hiver, quand les chèvres étaient taries; d'ailleurs, la pâtes des tourteaux, avant d'être cuite, ne supporte pas le froid, celui-ci l'empêchant de fermenter, et donc de lever; et les maisons n'étaient pas chauffées.

C'étaient aussi une façon de marquer l'arrivée de la belle saison. Il se faisait de nombreux tourteaux pour les assemblées de villages (balades), puis pour les mariages, qui comptaient souvent jusqu'à 120 - 150 invités et duraient bien une semaine, avec ce que l'on appelait "l'apprêt", c'est à dire les jours précédant la cérémonie durant lesquels se faisaient les préparatifs (car tout était cuisiné à la maison de l'un des futurs époux, par les 2 familles aidées des voisins).
Puis, il avait les deux jours de festivités, et, pour la jeunesse, les jours suivants pendant lesquels on mangeaient les restes.

Huguette NICOLAS
09/2001

Origine du tourteau fromagé

Le tourteau, gâteau de mariage

Le mariage à Jacquet Lhoumiâ


retour sommaire Industrie/Agriculture
- sommaire général